Salut à toi, Camarade !
Je suis enfin allé voir LE film grandevadrouillesque que l'on DOIT voir sous peine de prendre le risque de se faire déchiqueter sa carte nationale d'identité. Je me suis dis "Le printemps du cinéma, c'est une bonne occaz, comme ça, si c'est de la merde, ce ne sera qu'une merde à 3,50€...". Arrivé devant le cinéma, on s'en veut de faire partie de ce grand troupeau de moutons qui vient s'agglutiner devant les guichets pour obtenir son ticket vers l'acceptation sociale (qui n'a jamais eu la réflexion au boulot : "Quoi ? T'as pas vu les Ch'tis ?"). Le paroxysme de la désolation survient quand le pauvre hère en gilet bleu marine se met à hurler dans un vacarme pas possible quelque chose qui doit ressembler à "Attention, on va ouvrir, hein... Alors courrez pas, siouplè !" Autant uriner dans un stradivarius. A peine le ruban levé, voit-on les jambes qui s'agitent progressivement jusqu'à entamer un mouvement de course. Les quincagénaires doublent les sexagénaires qui eux-même doublent les septuagénaires en se donnant ainsi l'illusion d'une seconde jeunesse. C'est peut-être ça, le succès de ce film. Il y a deux séances : la première à 20h45 en salle 2, la seconde à 21h15 en salle 1. Mon ticket indique 21h15, mais au diable l'avarice (aucun rapport, mais cette expression me fait marrer), je vais en salle 2. Une fois assis, je reçois un SMS de Charlène qui se tourne les pouces en salle 1 en attendant sa séance de 21h15. Il y a les malins... et puis il y a les autres. Le film commence enfin. Pendant une bonne partie (un bon tiers), on regrette d'avoir vu la bande-annonce. On se dit "Ouais, c'est marrant, mais c'est la cinquième fois qu'on voit ce passage" (pour peu qu'on ait allumé ne serait-ce que quelques fractions de seconde sa télévision durant le dernier mois). Puis, une fois la bande-annonce épuisée, de nouveaux gags, "100% Exclusivité" (putain, je me mets à parler comme Artur...), nous font, il faut l'avouer, bien marrer. Le film se termine, et le bon vieux making-of élimé vient nous aider à quitter le film en douceur en voulant nous montrer qu'ils se sont bien marrés sur ce tournage, qu'on a bien fait de payer pour le voir (pour une fois). En conclusion, un film au scénario bidon, dont le tiers est récité à l'avance par les fanas de la bande-annonce, mais une bonne comédie française malgré tout (comprendre : on fait plus que sourire deux fois dans le film, comme dans beaucoup d'autres comédies françaises).
A la revoyure !
publié par Rouge-Gorge dans: lerougegorge