Dimanche 10 Février 2008
Salut à toi, Camarade !

En l’an de grâce 2005, le gouvernement UMP de la France décide, grâce à un de nos rares mécanismes réellement démocratiques, de faire confiance au Peuple du pays. La question portée en consultation devant les Français était la suivante : « Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe ? ». La réponse fut claire, nette et précise : « NON » à 54,67%. Ainsi, la France ne ratifierait pas ce traité jugé trop libéral pour les Nonistes de gauche et trop castrateur pour les Nonistes de droite.

Bref, le Peuple – souverain dans une république digne de ce nom – avait parlé.

Mais un beau (?) jour de printemps 2007, Nicolas Sarkozy fut élu Président de la République Française. A peine arrivé au pouvoir, il s’agita tous azimuts sur divers sujets plus ou moins sérieux. Puis, en octobre 2007, ce fut au tour de l’Europe. Le Conseil Européen regroupant les 27 chefs d’Etats ou de gouvernements européens se réunit à Lisbonne pour approuver le contenu d’un traité modificatif au Traité Constitutionnel Européen, désormais connu sous le nom de Traité de Lisbonne. Ainsi, Nicolas Sarkozy décida-t-il de faire ratifier ce dernier par le Congrès (union de l’Assemblée Nationale et du Sénat).

Un problème (en était-ce vraiment un ?) vint à se poser : le Parlement français n’était constitutionnellement pas autorisé à ratifier le traité. Qu’à cela ne tienne ! Optons pour une modification de la Constitution Française, et convoquons le Congrès début février 2008.

C’est là qu’un réel problème se pose. Le Congrès, pouvoir législatif normalement indépendant du pouvoir exécutif depuis Montesquieu, votera-t-il en faveur de la modification constitutionnelle les autorisant par la suite à ratifier le Traité, tout en ayant conscience que le Peuple avait rejeté le texte deux ans et demi auparavant ?

Eh bien oui ! La quasi-totalité du Congrès vota la modification. Ceci impliquait forcément une grande majorité de socialistes également. C’est là que le bât blesse ! Peut-on en vouloir à la droite libérale française de ne pas faire grand cas de la démocratie ? Mais le Parti Socialiste (qui n’a plus de socialiste que le nom) est décidément tombé bien bas en dotant la droite majoritaire (et à l’Assemblée, et au Sénat) des outils pour ratifier le Traité.

La manœuvre socialiste est très intelligente. En autorisant la ratification à l’Assemblée, mais en se posant comme défenseur de la démocratie en réclamant un référendum une fois qu’on leur propose le texte, ils obtiennent ce qu’ils veulent (le Traité de Lisbonne) et se positionnant en victime de la méchante UMP qui l’approuvera. Mais un lecteur attentif ne s’y laissera pas prendre !

Le texte est aujourd’hui voté, et « notre » Président s’est exprimé à la télévision. « Français, nous pouvons être fiers de ce que nous venons d’accomplir », a-t-il dit. M. Sarkozy, nous, Français du Peuple, n’avons rien accompli du tout ! Vous n’avez pas eu besoin de nous pour arriver à vos fins !

Honte sur la « démocratie » française ! Une petite recherche sur internet nous donne la définition suivante de la République : « Dans une république, l'État l'administration n'a de sens que dans la propriété d'un peuple ou de population de la gestion souveraine de la res-publica (bien et chose publique). » Je partage tout à fait le point de vue de cette définition. Seulement aujourd’hui, nous avons fait face à un double déni de démocratie en France.
- Le premier lorsque le Congrès s’est regroupé. En effet, quelle légitimité ont des représentants du Peuple à s’exprimer quand le Peuple lui-même s’en est déjà chargé ?
- Le second quand le Sénat et l’Assemblée Nationale ont désavoué d’un commun accord la volonté du Peuple !

    La République Française fonctionne sous un régime de démocratie représentative. Le Peuple élit ses représentants et leur confie le pouvoir pour une durée déterminée. Quelle légitimité prend la démocratie représentative quand ses représentants votent contre le Peuple qu’ils représentent ?

    Jusqu’à aujourd’hui, je n’étais pas aussi radical sur ce point, maintenant, c’est une évidence à mes yeux :

DEMOCRATIE  DIRECTE  !

A la revoyure !
publié par Rouge Gorge dans: lerougegorge

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