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Jeudi 17 Juillet 2008
Salut à toi, Camarade !

C'est politiquement que je pleure aujourd'hui, car le dessinateur et chroniqueur politique Siné, actif à Charlie Hebdo depuis ses débuts en 1992 et déjà membre de la bande du Hara Kiri, vient de se faire virer par Philippe Val, directeur de la rédaction de l'hebdo satirique.

Avec lui, c'est tout un pan de l'histoire du journal et d'un courant qui s'éteint au sein de la rédaction. Siné était le SEUL véritable libertaire encore actif. Journal plutôt de gauche (quand même), Charlie contenait en son sein presque tous les courants de gauche réunis : socialos, cocos, trotskos, et anarco-... Avec le départ de Siné, il ne reste plus que les trois premiers courants.

La raison de ce départ ? Elle est double : une version officielle et une autre plus officieuse. Commençons par l'officielle. Siné a écrit dans le numéro du 2 juillet la rubrique qui suit :

Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le parquet (encore lui !) a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !

Taxé "d'antisémitisme" et "d'ordure" sur RTL et ailleurs, et ceci alors que personne n'a bronché à la rédaction, Philippe Val, craignant apparemment d'autres poursuites judiciaires (cf. les caricatures de Mahomet) préfère licencier le fidèle dessinateur du journal. Voilà pour la raison officielle.

La raison officieuse, elle est (encore) moins glorieuse pour M. le Président Val. Juste au dessus de l'incriminée rubrique, Siné avait laissé un grand blanc barré d'un "autocensuré". Par cette omission volontaire, Siné marquait son désaccord avec Philippe Val sur un autre sujet, en soutenant une personne critiquée par le rédac' chef. Cela n'aurait pas plu. Voilà pour la raison officieuse.

Mais tout ceci est visible et mieux détaillé dans d'autres médias. La véritable raison de cet article, c'est mon coup de gueule pour plusieurs raisons. Tout d'abord parce que peu importe laquelle des deux versions est la bonne, le licenciement de Siné n'était objectivement pas nécessaire. De plus, c'est un regard (véritablement) critique sur la société que l'on recouvre de la paupière de la censure. Et enfin, vous l'aurez compris, Siné était mon préféré... Alors je lance un appel au boycott du journal. Tenons-le nous pour dit : il serait ridicule de boycotter la lecture du journal qui n'est pas le résultat du seul labeur de Val, mais de pléthore de chroniqueurs et dessinateurs toujours aussi bons. Mais un boycott à l'achat tant que Philippe Val est aux commandes me semble justifié.

Philippe, je t'aimais bien, malgré mon jeune âge, lorsque tu frappais avec Font... mais je ne sais pas si c'est l'embourgeoisement ou la validation du fameux théorème de la droitisation par l'âge qui fait effet, mais tu n'es plus le même. Et je te fais mes adieux politiques. Le divorce (lui aussi politique, faut pas déconner) est consommé !

A la revoyure !
publié par Grakkhus dans: lerougegorge
Mardi 08 Juillet 2008
Salut à toi, Camarade !

Ingrid Bétancourt a été libérée... Tu ne le savais pas ? Nan, mais tu vis où, Camarade, en Antarctique ?

Historique. Une otage franco-colombienne candidate aux élections présidentielles de Colombie, créditée d'environ 1% des intentions de vote, se fait séquestrer pendant six années dans la jungle par un mouvement pseudo-communiste des plus coriaces, les FARC. Et puis, il y a environ trois mois de cela, on nous amène une vidéo de l'otage, apparemment très affaiblie, on entend parler d'hépatite, les "experts" défilent dans les émissions de société en invoquant la pitié des FARC au nom d'une "question de vie ou de mort". Et puis plus rien pendant plusieurs semaines... De toute manière, on était habitué aux blancs. Qui parlait d'Ingrid Bétancourt en dehors des dates d'anniversaires de sa capture ?

Mais tout à coup, alors que le Français moyen regarde Nicolas Hulot chez les indiens Zoé en Amazonie, un bandeau ! Que dit-il ? Ingrid Bétancourt est libérée ? Mais qui ? Sarko ? Non, l'armée fasciste d'Uribe ! Incroyable... Alors à ce moment là, tout le monde reste scotché à sa télé pour le flash info (Renaud, quant à lui, monte dans son 4x4 et file au comité de soutien). TF1 et France 2 nous passent alors un montage d'Ingrid devant un vieux FARC barbu, levant un doigt en lançant de manière grave un "No mas secuestros...", séquence suivie de la même femme, maigre, tête baissée, attachées à un arbre. Et alors, c'est la liesse générale. Tout le monde est ému et content à la fois, saute de joie : "Ingrid (on l'appelle déjà par son prénom) est libre, enfin !" On pleure, on crie, bref, on est heureux... Quoi, personne ne la connaît... Et alors, si on nous la montre au journal, c'est qu'on doit être content, nan ?

Les rédacs de France sont heureuses, elles aussi. Une libération à 22h30 : il est encore temps de changer la Une ! Et dès le lendemain, c'est le déluge de l'image. "Ingrid" est partout : sur toutes les unes, les télés, les radios, internet... Et là, on nous rappelle qu'il faut quand même arrêter de ne parler que d'"Ingrid", parce qu'elle a quand même été délivrée avec des camarades à elle. Mais paradoxalement, à la descente de l'avion, alors que les voix off des journalistes se demandent "C'est elle, c'est pas elle ?", elle obtient le luxe de descendre les escaliers seule. Les autres ? Ils devront attendre encore cinq bonnes minutes avant de descendre. Lors de sa première interview, Ingrid "remercie Dieu et l'armée". Attendri par le petit côté pétainiste de la Dame, le peuple de France applaudit. Puis, alors que l'on a affaire à une victoire incontestable du fasciste Uribe et sa stratégie de non négociation, c'est "le Président Sarkozy" qui est brossé dans le sens du poil par Jeanne Bétancourt et sa fille. Rendez-vous compte ! Elle était même au courant "pour Carla". Si ce n'est pas de l'amitié, ça... Les retrouvailles avec la famille, c'est important. Mais nous sommes en 2008, et les médias aussi sont importants. Alors on ne perd pas le nord, et on filme les émouvantes embrassades en exigeant (faut pas déconner) qu'elles ne soient pas retransmises en direct.

Plus récemment, les fans de la théorie du complot parlent de financements occultes de la CIA permettant de payer des rançons pharaoniques, de mises en scène de l'évacuation (immédiatement démenti par la Madonne), et il y a même des fantaisistes pour penser qu'"Ingrid" se la coulait douce depuis déjà un mois dans une villa avec piscine en attendant que "le Président Sarkozy" donne son feu vert pour qu'on la sorte au moment opportun (comprendre : quand les sondages seront vraiment catastrophiques). Mais tout cela n'est évidemment pas sérieux... Hein... c'est pas sérieux, quand même ?

La fin du film est un happy end (qui l'eût cru ?), mais moi, j'ai bien aimé le passage où on sort l'argument de l'hépatite, là... C'était pas mal, là. Et puis quand le méchant il bronche pas devant elle au début, aussi. Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Quoi ? Les autres otages ? Rhoo, ils vont pas venir nous faire chier pendant notre fête, les autres, hein...

A la revoyure !
publié par Grakkhus dans: lerougegorge
Mardi 01 Juillet 2008
Salut à toi, Camarade !

S'il y a bien quelque chose de satisfaisant, dans le fonctionnement de l'Union Européenne telle qu'on nous la propose actuellement, c'est bien ce principe de présidence tournante !

Depuis ce matin, "notre" Président de la République assume aussi la fonction de Président de l'Union Européenne. Tout d'abord, on peut s'amuser des coïncidences de calendrier. Le peuple irlandais, dans sa tradition contestataire séculaire, se prononce en défaveur du Traité de Lisbonne quelques jours seulement avant l'arrivée de Nico. Puis, dans une ultime provocation, c'est le Président conservateur polonais, quelques minutes après l'installation de Nico à la présidence, qui déclare son refus de signer le Traité.

C'est méga lol, ça, nan ?

Alors merci, Europe, de nous prendre "notre" Sarko pendant six mois... Six mois où l'on se fera peut-être moins emmerder !

Dankon, Euxropo !

A la revoyure !
publié par Grakkhus dans: lerougegorge
Dimanche 15 Juin 2008
Salut à toi, Camarade !

De Wolfe Tone à Parnell en passant par O'Connell, l'Irlande a eu ses grandes figures... Mais la dernière en date, c'est son peuple !

Alors que le peuple français s'est fait entuber par son gouvernement et son parlement, il trouve le salut (Amen !) dans le vote contestataire du peuple irlandais ! Il a voté NON au Traité de Lisbonne, réitérant les propos du Traité Constitutionnel Européen ! Oui, il a voté Non !

Alors merci ! Tout simplement merci à toi, peuple irlandais !


A la revoyure !

publié par Grakkhus dans: lerougegorge
Jeudi 15 Mai 2008
Salut à toi, Camarade !

Au détour d’une conversation avec un de mes amis de droite (eh oui, j’en ai quelques uns), Michel Fourniret est venu sur le tapis. Pourtant actuellement dans l’Empire du Milieu, François (on lui donnera ce pseudonyme, il se reconnaîtra) perd (doublement) son temps à lire lefigaro.fr afin de suivre l’affaire du tueur pédophile.

« J’espère qu’il va manger un max, cet enculé ! », éructe-t-il avec vindicte.

Rien de tel que ce genre de sentences pour donner au rouge-gorge que je suis un teint encore plus rubicond. Et ceci pour pléthore de raisons !

Tout d’abord, je ne comprends pas pourquoi les médias relaient ce genre d’informations voyeuristes un peu partout, livrant ainsi de vrais drames de vie au pathos populiste du 13 Heures de TF1 (et pas que !). En quoi ces affaires judiciaires nous concernent-elles en tant que citoyens ? Les Emile Louis, Francis Heaulme et autres Fourniret, on s’en branle !

Ensuite, je me demande de quel droit tout un chacun y va de sa consigne de vote quant au verdict des jurés ! Les jurés sont des citoyens lambda tirés au sort puis sélectionnés afin de rendre un jugement indépendant. Alors soit on fait confiance à la justice et à nos concitoyens, et donc on ferme sa gueule, soit on rejoint les rangs du fan-club de Rachida Gucci et on planche sur les réformes à mener dans notre institution judiciaire.

Enfin, je ne ressens que dégoût pour cette arène moderne où tout un chacun lève ou baisse le pouce, où la foule hurle « A mort ! » comme sur la place de la Concorde en 1793. D’où vient cet intérêt général pour les affaires judiciaires monstrueuses, si ce n’est de la soif du peuple de se frotter à la mort par le petit détail gore et croustillant, à défaut d’avoir été réellement confronté à la chair en charpie comme Papi en 40. Un psychanalyste dirait sûrement que le sujet est fasciné par le Réel et qu’il brave ce Surmoi réprobateur, permettant ainsi une éruption de Jouissance.

Aussi, je répondrai à tous ces vengeurs masqués de canapés derrière leur téléviseur, que souhaiter l’Enfer (les flammes, Satan, tout ça…), même à ceux qui ont commis les pires atrocités, ce n’est pas la solution, car jamais la vengeance ni la violence n’en sont une. J’irai même jusqu’à leur dire de se méfier, car à travers ce qu’ils souhaitent à l’Autre-assassin-violeur, c’est un peu une manière de condamner et de renier cette part de violence que l’on porte en chacun de nous. Cette violence est là, et elle peut être expliquée (si, si) à défaut d’être justifiée. Il faut apprendre à la contenir, mais certainement pas en la refoulant de la sorte ou en la rejetant sur l’Autre. Au passage, on remarque souvent  que les lobbyistes anti-homosexuels les plus virulents (prêtres, pasteurs, parlementaires conservateurs…) se révèlent être eux-mêmes homosexuels, comme de nombreux scandales nous l’ont prouvé. Sans faire d’analogie avec la pédophilie et le meurtre, je pense qu’il y a quelque chose à travailler du côté de la violence en soi, chez les personnes manifestant d’aussi vifs intérêts pour ce genre d’affaires.

A la revoyure !

publié par Grakkhus dans: lerougegorge
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